Loic Nottet biogra phie

S’il est encore trop jeune pour acheter de l’alcool aux Etats-Unis, Loïc Nottet, 21 ans en 2017, a déjà un CV bien fourni. Né à Charleroi (Belgique), Loïc grandit paisiblement dans un petit village. En guise de nounou, il a les dessins animés Disney et les chaines musicales, qu’il consomme avec la même passion.

La révélation vient avec « Ghosts », le clip épique de Michael Jackson. « J’ai eu un déclic et j’ai dit à ma mère que c’était ça que je voulais faire. J’aime dessiner, écrire, danser, jouer mais je me suis rendu compte que j’avais toujours besoin de musique. Pour moi, c’est la base de tout ». Mais pour un gamin de la campagne, la route est sinueuse quand on veut devenir chanteur.

Pour Loïc, la porte d’entrée sera une émission radio qui annonce l’ouverture des candidatures pour The Voice Belgique. Poussé par une amie, Loïc s’inscrit. Puis passe toutes les étapes du casting, et surprend le jury avec sa version du « Diamonds » de Rihanna. Trois fauteuils se retournent, Beverly Jo Scott devient son coach, et Loïc finit en finale. Un conte de fée ? Non, juste le début de l’aventure. « Quand Sia a retweeté ma cover de “Chandelier” avec un commentaire, ça m’a réconforté. Petit, je regardais la Star Ac’ et je rêvais d’y être. Mais comment rentrer dans ce métier, sachant que personne dans ma famille ou mes proches n’était dans une maison de disques ? ».

La télévision belge, qui a repéré son talent, lui propose de participer au concours de l’Eurovision. Loïc hésite, la chaine insiste et il finit par accepter, à une condition : c’est lui qui choisira le décor, la chorégraphie, les costumes et la chanson. Et c’est ainsi que « Rhythm Inside » lui permet de finir quatrième du concours européen. La chorégraphe Marie-Claude Pietragalla, membre du jury de Danse Avec Les Stars, est touchée par sa performance et lui envoie un message. De fil en aiguille, Loïc se retrouve casté par TF1 pour la saison 2015/2016 de DALS. « J’étais le plus jeune de la compétition. J’avais peur du public français, qui a la réputation d’être difficile à convaincre. J’étais persuadé qu’on allait me haïr, et pire encore quand on allait savoir que j’avais fait l’Eurovision. Et j’ai gagné la compétition avec 68% des votes, le plus gros score de DALS ».

Mais si le public a adulé Loïc danseur, que va-t-il en être de Loïc chanteur ? Les premiers éléments de réponse vont arriver avec son single « Million Eyes ». Il trouve un allié en la personne de son manager Dimitri, celui qui a lancé Stromae. Loïc sait où il veut aller. « J’adore les musiques de films, Hans Zimmer et surtout Danny Elfman, j’avais envie d’amener cet univers cinématographique dans l’album, de raconter une histoire. Une nouvelle ère commence pour moi avec “Million Eyes” ».

Pour travailler sa musique, Loïc Nottet voit grand, mais veut tout contrôler. « Je voulais tout faire moi-même, j’en avais besoin. J’ai fait toutes les bases et les rythmiques chez moi avec un clavier, et j’envoyais ça à des producteurs professionnels qui arrangeaient mes compositions. Même chose pour l’écriture : Quand je chante mes mélodies, c’est du yaourt. Mais dès que j’ai trouvé le titre, je sais de quoi ça va parler. Je savais que mon premier morceau pour l’album allait s’appeler “Million Eyes” avant d’en avoir fini l’écriture. Et ça a été comme ça avec tous les morceaux ».

Pour le son, Loïc travaille avec trois producteurs : Luuk Cox (notamment sur « Million Eyes »), le jeune Ico et Alexandre Germys. Ce sont eux qui développent la texture des chansons que Loïc a conçu sur ses claviers. Le point commun des morceaux de ce premier album ? Un message de tolérance dans un monde dominé par le tout à l’égo. « Tout ce que je dis dans ma musique, je le pense, je l’assume et je l’assumerai, que ça soit bien pris ou mal pris. Je n’ai aucun regret, il n’y a aucune chanson qui est là parce qu’il fallait combler l’album. “Hungry Heart” parle de ce garçon qui a l’impression de ne jamais satisfaire l’amour que demande sa partenaire et qui décide de partir parce que cette relation est nocive. Ça ressemble à une chanson d’amour mais je l’ai écrite en pensant à quelqu’un qui se regarde devant son miroir. Donc ça traite du narcissisme ».

« Cure » démarre comme une BO de John Carpenter, « Mud » tourne sur un beat tribal envoûtant et « Poison » ralentit le tempo. Sur « Wolves », Loïc s’inspire de l’histoire vieille comme le monde de La Belle Et La Bête tandis que « Dirty » évoque le mépris des conformistes face à tout ce qui est différent. « L’album est conçu de façon cinématographique, avec un prologue et un grand final titré “Mirrors”. Parce que le miroir est fort important dans le jeu des apparences » explique Loïc. Pour cette première collection de chansons, Loïc a longtemps cherché le bon titre. Et il l’a trouvé : ce sera The Reign Of Selfocracy. « L’album parle beaucoup du moi, et je trouvais que le mot “selfocracy” sonnait bien. On vit le règne du selfie, c’est ce qui correspond au message de l’album ».

Entre pop et électro, entre musique de films et mélodies emplies de nostalgie, ce recueil de onze chansons est un disque à cœur ouvert, celui d’un Peter Pan en sweat shirt oversize qui nous invite dans son pays imaginaire.

« Après La Joconde, Da Vinci peut dire que c’est un peintre. Après Harry Potter, JK Rowling peut clamer haut et fort qu’elle est romancière. Ce sont des titres qui se méritent. Je ne me considère pas encore comme un artiste. J’essaie de le devenir. Je suis dur avec moi-même ». Une humilité qui fait honneur à Loïc Nottet, mais qui se trouve contredite par la qualité et l’émotion de The Reign Of Selfocracy, le premier album d’une longue carrière. L’album d’un artiste à vif, avec un visage d’enfant et une âme câline.

Le premier album de Loïc Nottet, celui où il nous livre ses émotions, ses mélodies, où il ouvre son cœur et entend bien ravir celui de ses auditeurs.